En France, la médecine s’insurge de plus en plus contre les régimes amincissants, et un groupe de thérapeutes a créé en 1998 le G.R.O.S. (Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids). Et ça n’a rien d’une plaisanterie, puisqu’il s’agit, selon la charte du groupe, de dénoncer et combattre les méthodes amaigrissantes nocives, notamment charlatanesques ou simplificatrices.
Présidé, pour son conseil d’administration, par le Dr Bernard Waysfeld, psychiatre et nutritionniste à Paris, et pour son conseil scientifique par le Dr Jean-Michel Lecerf, de l’Institut Pasteur de Lille, le G.R.O.S. regroupe des professionnels de la médecine (psychiatres, endocrinologues, nutritionnistes) qui prennent en charge les personnes en difficulté avec leur poids. Au total, ils sont quelque 400 spécialistes à s’opposer à la « médecine » Dukan, convaincus de la nocivité des régimes alimentaires, de leur caractère anxiogène et surtout de leur inutilité.
La vérité sur les régimes
Perdre du poids durablement est difficile, assure encore le G.R.O.S. sur son site internet: 75 % de ceux qui font un régime maigrissent effectivement dans un premier temps, mais seulement 5 à 15% ne reprennent pas le poids perdu (sur une durée de cinq ans). Au contraire, selon lui, « les régimes font généralement, sur le long terme, prendre du poids dans la mesure où ils sont habituellement suivis d’un rebond pondéral », et même « favorisent fréquemment l’apparition de troubles du comportement alimentaire, de baisse de l’estime de soi, de dépression, voire de troubles de la personnalité ».
Voir l’obésité en face
Pour le G.R.O.S., l’obésité, qui touche une personne sur cinq en France (un sur trois aux USA), est un facteur de risque pour la santé et de rejet social. Mais elle doit être combattue par la médecine avec d’autres armes : « lutte contre la discrimination et la stigmatisation des obèses et la diabolisation des aliments », « promotion d’une information et d’une éducation nutritionnelles rassurantes, démédicalisation de l’alimentation, lutte contre l’hégémonie de la minceur, moralisation des pratiques médicales et du commerce de l’amaigrissement ».
Image: Sandra Cunningham – Fotolia