EPODE et le PNNS

Les documents EPODE réalisés dans le cadre des thématiques semestrielles EPODE sont validés par le Comité d'Evaluation pour l'attribution du logo PNNS.
En effet, les objectifs d’EPODE sont conformes aux recommandations du Programme National Nutrition Santé (PNNS) et les outils conçus par la Coordination nationale sont labellisés par le comité d’évaluation du PNNS.
Axé sur la mobilisation des acteurs de proximité, EPODE s’intègre naturellement dans la démarche initiée depuis 2006 par la deuxième version du Programme National Nutrition Santé.
Comme l’explique le Pr Serge Hercberg, président du Comité de pilotage, le PNNS 2 vise à renforcer l’impact des actions locales, notamment auprès des populations défavorisées. Il a également pour objectif de promouvoir l’exercice physique, en lien avec les bienfaits d’une alimentation saine. EPODE et le PNNS partagent les mêmes valeurs, autour d’un changement « en douceur » des comportements.
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Interview du Professeur Serge Hercberg, Président du comité de pilotage PNNS « EPODE et le PNNS » :
En place depuis 2006, le PNNS 2 vise à renforcer la politique de lutte contre le surpoids et l’obésité. Quels en sont les principaux axes ?
Le PNNS 2 se situe dans le prolongement du PNNS 1, et a permis de passer à une phase plus opérationnelle, en profitant de l’expérience acquise lors du premier programme. Car il fallait d’abord sensibiliser la population aux valeurs d’une alimentation saine et de l’exercice physique, établir et diffuser les repères de consommation, inciter les consommateurs à analyser et modifier certains modes de vie. A présent, avec le PNNS 2, nous sommes dans une démarche d’accompagnement plus active, plus proche du quotidien. Il s’agit d’adapter les vecteurs de communication selon des publics spécifiques, par exemple en promouvant les bienfaits de l’allaitement maternel, en faisant campagne contre les dangers de la dénutrition, ou en améliorant la prise en charge de l’obésité morbide. Un de nos credos, c’est de proposer des solutions simples et concrètes, permettant de changer les comportements sans bouleverser la vie de tous les jours.
Des actions de proximité, comme celles menées par le programme Epode, vont-elles dans le bon sens ?
Il est clair que le meilleur moyen de toucher le public, c’est de concevoir des actions qui s’intègrent dans son environnement immédiat, à l’école, dans la ville ou sur le lieu de travail. Et Epode correspond totalement aux enjeux posés par le PNNS 2, en matière d’ingénierie et de savoir-faire dans la conduite des projets. Mis au service des municipalités, ces programmes permettent d’associer les acteurs de terrain, au-delà du seul champ de la nutrition. Les enseignants, les animateurs, les éducateurs sportifs, les élus locaux, se regroupent pour partager ensemble une démarche commune et cohérente, qui se veut concrète et « parlante » pour les personnes qui y participent.
Le PNNS 2 a également pour objectif de mieux associer alimentation saine et exercice physique…
Toutes les études le montrent, il est indispensable de pratiquer une activité physique régulière, en plus de veiller à son équilibre alimentaire, afin de réduire le risque pour de nombreuses pathologies chroniques. Le PNNS 2 vise à renforcer les initiatives qui permettront de favoriser une « mobilité active » de chacun, à l’occasion de déplacements quotidiens, ou d’activités sportives ou ludiques. Le récent rapport de Jean-François Toussaint propose plusieurs pistes intéressantes, notamment l’aménagement de l’espace urbain destiné à sécuriser les trajets à pied ou à bicyclette. Là encore, l’implication des collectivités locales apparaît déterminante, et il faudra s’appuyer sur des initiatives comme Epode pour concevoir des projets adaptés aux attentes et aux besoins des habitants.
Les enquêtes d’opinion montrent que les messages de prévention sont souvent mieux intégrés par les catégories sociales les plus aisées. Comment réussir à toucher les personnes les moins favorisées ?
C’est effectivement l’un des enjeux du PNNS 2. Car si la prévalence de l’obésité semble diminuer dans la population générale, elle reste nettement plus élevée chez les personnes les moins favorisées. Cela s’explique par deux types de facteurs. D’abord, les messages ne sont pas suffisamment clairs ni impliquants pour ces personnes, et elles ont donc un accès réduit à l’information, par rapport aux catégories plus aisées. Ensuite, la fracture est bien entendu socio-économique, en raison des prix des fruits et légumes frais. Nous élaborons donc une communication adaptée à cette cible, par exemple en rappelant que les légumes en conserve ou surgelés sont aussi bons pour la santé. On notera par ailleurs qu’un certain nombre de grandes surfaces proposent aujourd’hui des campagnes de promotion de fruits et légumes à des prix abordables. Ces nouvelles tendances montrent que les messages de prévention ont un impact positif sur la demande de consommation, et donc sur les modes de production et de commercialisation du secteur agroalimentaire. C’est vrai pour la grande distribution, c’est également le cas pour l’industrie.
Le consommateur est souvent désorienté face aux allégations nutritionnelles avancées par l’industrie agro-alimentaire. Comment l’aider à faire les bons choix ?
Il faut encore améliorer la qualité de l’information diffusée, afin que le public dispose de repères clairs. Les allégations nutritionnelles vont être prochainement encadrées par un règlement européen, mais ce règlement n’est à notre sens pas entièrement satisfaisant. C’est pourquoi nous devons multiplier les canaux d’information, en améliorant le niveau de formation des acteurs locaux : professionnels de santé, nutritionnistes et diététiciens bien sûr, mais aussi animateurs sportifs, socio-éducatifs, préparateurs physiques… L’enjeu, c’est de permettre à chacun de disposer de connaissances de base sur le plan nutritionnel, et d’être en mesure de les intégrer de façon naturelle dans leur quotidien. Sans perdre de vue un aspect essentiel : l’alimentation doit rester un acte de plaisir, et non devenir une norme sanitaire.
Interview réalisée en juin 2009
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